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Fosses-la-Ville : étude de caractérisation sur le site « Station-service de Fosses-la-Ville »

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Le site « CARMANNE (Atelier de réparation et pompes à carburant Goffart) » est situé sur le territoire de la commune de Fosses-la-Ville, le long de la chaussée de Namur, à mi-chemin entre les entités de Fosses-la-Ville et de Sart-Saint-Laurent.

D’une superficie de 1.612 m², les zones « Station-service » et « Atelier de réparation » sont localisées sur une seule parcelle cadastrée Fosses-la-Ville, Division Sart-Saint-Laurent, section c, n° 242f.

Au plan de secteur de Namur (47/6), le site est repris en zone agricole.

En 2009, à la suite d’une demande de la DGRNE, SPAQuE a réalisé une étude de caractérisation conformément à l’arrêté du gouvernement wallon du 4 mars 1999 modifiant le titre III du Règlement général pour la Protection du Travail en insérant des mesures spéciales applicables à l’implantation et l’exploitation des stations-service.

Ces investigations avaient également mis en évidence une problématique environnementale au niveau d’un ancien atelier de réparation localisé sur la même parcelle.  De ce fait, en 2010, faisant suite à une demande du ministre de l’Environnement, la zone « Atelier de réparation » a également fait l’objet d’une étude de caractérisation conformément au décret relatif à la gestion des sols du 5 décembre 2008.

Zone « Station-service »

Les investigations de terrain ont été effectuées les 2 et 9 mars 2009. Elles ont permis de réaliser :

  • 12 forages sols non équipés et 36 échantillons de sol prélevés et analysés,
  • 3 forages équipés en piézomètres et 3 échantillons d’eau souterraine prélevés et analysés.

En outre, des prélèvements d’eau ont également été effectués dans les deux puits situés sur le terrain de la propriétaire et dans le puits de l’habitation voisine du site.

Conformément à la demande de l’administration, l’interprétation des résultats analytiques du sol a été réalisée sur base des normes de l’arrêté « Stations-service ». Des contaminations en métaux lourds/métalloïdes, en hydrocarbures armotaiques polycycliques (HAP), en benzène, en toluène, en xylènes, en huiles minérales et en MTBE ont été détectées dans les sols.

Toutes les concentrations en contaminants mesurées dans les échantillons d’eau souterraine prélevés aussi bien dans les piézomètres forés sur le site que dans les puits voisins exploités pour les usages sanitaires et domestiques sont inférieures aux valeurs de référence de l’arrêté « Stations-service ».

Faisant suite aux contaminations du sol identifiées sur le site et conformément à la procédure de l’arrêté « Stations-service », il est donc nécessaire de réaliser un plan de réhabilitation du site.

En outre, préalablement à la réalisation des travaux de réhabilitation, SPAQuE recommande le respect des mesures de sécurité préconisées dans l’évaluation des risques.

L’objectif principal de cette évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement est de pouvoir déterminer le degré d’urgence du plan de réhabilitation qui va être mis en œuvre dans le cadre de la procédure légale imposée dans l’arrêté du gouvernement wallon relatif aux stations-service.

A noter que cette évaluation des risques est réalisée suivant la méthodologie développée par SPAQuE dans le Cahier de bonnes pratiques n°5 – Guide pour l’évaluation des risques santé humaine, eaux souterraines et écosystèmes.

L’évaluation des risques pour la santé humaine conduit à retenir l’hypothèse d’un niveau d’exposition excessif pour la santé humaine pour la zone des pompes et la zone des citernes. Toutefois, l’évaluation des risques indique également que cette réhabilitation ne présente pas un caractère urgent, pour autant que des mesures de sécurité soient mises en œuvre.

Les mesures de sécurité à conserver sur ces deux zones jusqu’à leur réhabilitation sont les suivantes :

  • afin de limiter l’absorption de contaminants dans l’organisme via l’ingestion de légumes, ne pas cultiver de légumes sur le site,
  • afin d’éviter les contacts dermiques et l’ingestion des terres contaminées en profondeur et de limiter l’inhalation de substances présentes en profondeur, ne pas remanier le sol de la station-service,
  • afin d’empêcher tout contact dermique avec le sol et limiter le passage de composants volatils du sol vers l’atmosphère, ne pas détruire les dalles de béton et allées de graviers ou pavés présentes sur le site et maintenir ces revêtements afin d’en assurer une gestion pérenne jusqu’aux travaux de réhabilitation.

L’évaluation des risques écotoxicologiques et des risques d’impact sur l’eau souterraine permet également de conclure au caractère non urgent de l’assainissement. Toutefois, cette évaluation des risques n’exclut pas la possibilité d’un impact potentiel sur l’eau souterraine à la suite du lessivage des terrains.

Zone « Atelier de réparation »

Lors d’une première phase, les travaux de forage effectués les 30 juin et 1er juillet 2010 ont permis de réaliser :

  • 13 forages sols et 47 échantillons de sol prélevés et analysés,
  • 2 des forages ont été équipés en piézomètres et 2 échantillons d’eau souterraine ont été prélevés et analysés.

Lors d’une deuxième phase, les travaux de forage effectués le 30 novembre ainsi que les 7 et 8 décembre 2010 ont permis de réaliser :

  • 15 forages sols et 51 échantillons de sol prélevés et analysés,
  • 3 des forages ont été équipés en piézomètres et 3 échantillons d’eau souterraine ont été prélevés et analysés

Les résultats des analyses ont été comparés aux normes du décret relatif à la gestion des sols du 5 décembre 2008, Annexe 1.

Une pollution du sol aux métaux lourds, hydrocarbures armotaiques polycycliques (HAP) et huiles minérales a été mise en évidence dans la zone investiguée. En ce qui concerne les eaux souterraines, aucun dépassement des valeurs seuil n’est observé au niveau des deux piézomètres « profonds » implantés dans la nappe des schistes. Par contre, de légers dépassements de valeurs seuil en huiles minérales sont observés pour les piézomètres implantés dans la nappe temporaire superficielle pouvant être présente sur le toit des schistes altérés. Précisons que cette eau est non exploitée.

Au terme de la caractérisation demandée, les investigations menées sur la zone « Atelier de réparation » ont mis en évidence des concentrations en polluants supérieures aux valeurs seuil et aux valeurs d’intervention du décret relatif à la gestion des sols qui ne sont pas conformes avec l’usage de fait (habitat) et de droit (zone agricole) du terrain. Cette situation implique une obligation d’intervention au regard du décret « sol » ; celle-ci pourrait prendre la forme de mesures de suivi, de mesures de sécurité, voire d’une réhabilitation.

En attendant, afin de limiter les contacts avec ces polluants, SPAQuE recommande aux propriétaires de limiter l’accès à cette zone, de ne pas remanier le sol et de ne pas cultiver de légumes sur ce terrain.

Des mesures devraient également être prises afin d’enlever certaines sources potentielles de pollution. Les fûts stockés sous l’atelier (accès via la fosse d’entretien) devraient ainsi être évacués au plus vite.